Enseigner la dette publique en SES : activités de Première et de Terminale
Activités de SES prêtes pour la classe sur la dette publique : déficit et emprunt en Première, politiques budgétaires européennes et redistribution en Terminale, avec les données de l'INSEE et d'Eurostat.
Chaque activité part d’une figure du site, projetable telle quelle, et d’une question du programme. La fiche élève et son corrigé utilisent les mêmes séries que les analyses dont ils sont tirés : un chiffre y change quand il change dans la page d’origine, jamais séparément. Les figures et la compilation des données sont sous licence CC BY 4.0, à reprendre en citant la source ; les séries brutes restent soumises aux conditions de l’INSEE et d’Eurostat.
Les questions demandent de constater, de calculer, de comparer ou d’expliquer un mécanisme. Aucune ne demande de trancher une politique.
Dette publique, Première et Terminale
Trois activités, du financement de l’État en Première aux politiques budgétaires européennes en Terminale, puis un prolongement sur la redistribution. Chacune tient en une vingtaine de minutes.
Première — Comment l’État finance-t-il son déficit ?
Programme. Chapitre « Comment les agents économiques se financent-ils ? » — « Savoir que le solde budgétaire résulte de la différence entre les recettes (fiscales et non fiscales) et les dépenses de l’État ; comprendre que le déficit budgétaire est financé par l’emprunt » (Éduscol).
Du programme au document. Le programme porte ici sur le budget de l’État. La figure élargit l’analyse à l’ensemble des administrations publiques — État, collectivités locales, administrations de sécurité sociale — et isole le déficit primaire, calculé hors intérêts. Les notions sont liées, leurs périmètres ne sont pas identiques.
Durée : 20 minutes. Support : la cascade ci-dessous, tirée de Pourquoi la dette publique augmente-t-elle ?
Fiche élève
- Relevez le ratio dette publique/PIB en 1995 et en 2025. De combien de points a-t-il augmenté ?
- Un déficit primaire est l’écart entre les dépenses et les recettes publiques, hors intérêts. Expliquez pourquoi un déficit fait augmenter la dette.
- Parmi les contributions représentées, laquelle explique l’essentiel de la hausse nette ? Quelle part de la hausse représente-t-elle ?
- Les intérêts versés ont poussé le ratio de 73,9 points. Pourquoi ne suffisent-ils pas à expliquer la hausse ?
Corrigé pour l'enseignant
- De 57,8 % à 115,6 % du PIB : une hausse de 57,7 points.
- Un déficit crée un besoin de financement, couvert par l’emprunt : toutes choses égales par ailleurs, il augmente la dette. C’est le lien que fixe le programme entre solde budgétaire et emprunt. La variation exacte de la dette comprend aussi des ajustements flux-stock, qui ne passent pas par le déficit.
- Les déficits primaires : 50,5 points sur 57,7, soit 88 % de la hausse nette du ratio entre 1995 et 2025, dans cette décomposition comptable — et non « 87 % de la dette ».
- Parce que la croissance du PIB nominal a joué en sens inverse : elle a retiré 72,8 points au ratio, car une dette constante pèse moins dans un PIB qui grandit. Les deux effets se compensent presque (effet net +1,2 point). À faire remarquer : c’est une décomposition comptable, qui dit par quel terme la dette a monté, pas pourquoi les déficits ont existé.
Données : dette_dynamique.csv, une ligne par année.
Terminale — La dette pèse-t-elle partout de la même façon ?
Programme. Chapitre « Quelles politiques économiques dans le cadre européen ? » — la politique budgétaire est « du ressort de chaque pays membre mais contrainte par les traités européens » (Éduscol). La ressource d’accompagnement du chapitre pose la question de la soutenabilité de la dette et rappelle la valeur de référence de 60 % du PIB.
Durée : 20 minutes. Support : le nuage de points ci-dessous, tiré de Dette publique : pourquoi 100 % du PIB ne pèse pas partout de la même façon
Fiche élève
- Repérez la France sur la figure. Quelle est sa dette de départ (encours de fin 2024 rapporté au PIB 2025), et quelle part de ses recettes consacre-t-elle aux intérêts ?
- La Hongrie et la Slovénie ont une dette voisine (69 % et 63 % du PIB). Comparez la part de leurs recettes consacrée aux intérêts.
- La Hongrie paie un taux de 5,53 % sur sa dette, la Slovénie 2,01 % ; ses recettes représentent 43 % du PIB, contre 47 %. Expliquez l’écart de charge à l’aide de ces deux éléments.
- La valeur de référence de 60 % du PIB inscrite dans les traités européens porte sur le niveau de la dette. D’après la figure, ce niveau suffit-il à dire ce que la dette coûte à un pays ? Justifiez.
Corrigé pour l'enseignant
- Une dette de départ de 110,5 % du PIB ; 4,3 % de ses recettes consacrés aux intérêts. Attention à la convention : l’encours de fin 2024 est rapporté au PIB de 2025, l’année où la charge est payée ; le ratio officiel publié par Eurostat pour fin 2024 le rapporte au PIB de 2024, d’où un chiffre différent.
- 8,9 % pour la Hongrie, 2,7 % pour la Slovénie : à dette voisine, une charge de 1 à 3,3.
- La charge rapporte les intérêts aux recettes : elle dépend du prix de la dette (le taux payé sur le stock) et du niveau des recettes. La Hongrie cumule un prix plus élevé et des recettes plus faibles.
- Non : le stock ne fixe ni le prix de la dette ni les recettes disponibles pour la servir. C’est une limite d’un indicateur, pas un jugement sur la règle. Le cadre budgétaire européen a été réformé en 2024 : la valeur de référence de 60 % demeure, mais la surveillance ne se résume pas à ce seuil.
Approfondissement, hors objectifs du programme. En 2025, le taux implicite de la dette française (2,02 %) et la croissance nominale (2,0 %) étaient presque égaux : à solde primaire nul et hors ajustements flux-stock, le ratio serait resté presque stable. À ajustements flux-stock nuls, si le taux implicite dépasse durablement la croissance nominale, cet effet pousse le ratio vers le haut même avec un solde primaire équilibré : c’est la mécanique de la soutenabilité, détaillée dans Pourquoi la dette publique augmente-t-elle ?
Données : dette_monde.csv, un pays par ligne.
Terminale, justice sociale — Qui verse, qui reçoit ?
Lien au programme. Chapitre de Terminale sur la justice sociale : l’activité porte sur les instruments de l’action publique — prélèvements, prestations et services collectifs. Elle n’aborde pas à elle seule les différentes conceptions de la justice sociale, ni les débats sur leur efficacité et leur légitimité.
Durée : 20 minutes. Support : la figure ci-dessous, tirée de Qui paie vraiment la dette publique ?
Fiche élève
- Relevez les prélèvements versés par unité de consommation par les 10 % les plus modestes et par les 10 % les plus aisés. Combien de fois plus paient les seconds ?
- À partir de quel dixième, en moyenne, les prélèvements versés dépassent-ils les transferts reçus ?
- Une moyenne par dixième décrit un groupe, pas chaque personne. Expliquez pourquoi, dans un même dixième, certaines personnes peuvent recevoir plus qu’elles ne versent et d’autres l’inverse.
Corrigé pour l'enseignant
- 6 400 € et 89 800 € par unité de consommation en 2023 : environ 14 fois plus.
- À partir du dixième noté D8, en moyenne par unité de consommation.
- Les situations diffèrent à revenu voisin : âge, retraite ou activité, enfants, patrimoine. Rapporté aux personnes, 56 % sont bénéficiaires nettes cette année-là. Ce sont des comptes d’une année, selon les conventions de l’INSEE : ils ne disent pas qui paiera la dette demain.
Données : qui_paie_donnees.csv.
Méthode et sources
Toutes les figures viennent des quatre pages du dossier, qui en donnent la méthode, les limites et les sources :
Les extraits du programme viennent des ressources d’accompagnement publiées par Éduscol pour la Première (juin 2019) et la Terminale (août 2020).