Terminale, chapitre sur l’action publique pour l’environnement. La France publie deux totaux d’émissions de gaz à effet de serre, qui ne comptent pas la même chose. L’activité fait retrouver ce que chacun additionne, puis ce que cette différence change pour un instrument de politique climatique. La fiche élève et son corrigé sont écrits à partir de la série elle-même : un chiffre y change quand la série change. La figure et la compilation des données sont sous licence CC BY 4.0, à reprendre en citant la source ; les questions demandent de constater, de calculer, de comparer ou d’expliquer un mécanisme, aucune ne demande de trancher une politique.

Terminale — Émissions françaises et empreinte carbone : pourquoi deux totaux ?

Programme. Chapitre « Quelle action publique pour l’environnement ? » — « Comprendre que l’action publique pour l’environnement articule différentes échelles (locale, nationale, européenne, mondiale) », et, à propos du changement climatique, « connaître les principaux instruments dont disposent les pouvoirs publics pour faire face aux externalités négatives sur l’environnement : réglementation, marchés de quotas d’émission, taxation, subvention à l’innovation verte » (Éduscol).

Du programme au document. Le programme porte sur l’action publique, ses acteurs, ses échelles et ses instruments ; la figure ne montre aucun instrument. Elle donne deux manières de compter les émissions d’un pays, pour une seule année. La première attribue les émissions à ceux qui les produisent : les entreprises et les ménages résidant en France. La seconde, l’empreinte carbone, les attribue à ce que la France consomme, où que les émissions aient lieu. Ce sont deux conventions de comptabilité : elles ne mesurent ni une délocalisation, ni l’effet d’une politique. Les stratégies de passager clandestin et les inégalités de développement, que le chapitre traite aussi, ne sont pas dans ce document. L’empreinte est une estimation, révisée à chaque édition ; le total des émissions des unités résidentes n’est pas celui de l’inventaire national, dont le périmètre diffère.

Durée indicative : 20 à 30 minutes. Support : la figure ci-dessous, construite pour cette activité à partir d’un fichier de l’INSEE.

Deux barres horizontales à la même échelle. Les émissions des unités résidentes françaises additionnent les émissions directes des ménages, la production en France pour la demande française et la production en France exportée. L'empreinte carbone additionne les deux premiers postes et les importations pour la demande française. Les valeurs sont dans le tableau qui suit la figure.
Source : Insee et SDES, Insee Première n° 2077, octobre 2025. Agrandir la figure
Les valeurs de la figure en tableau

Gaz à effet de serre, France, 2024, en millions de tonnes équivalent CO2.

PosteÉmissions des unités résidentes françaisesEmpreinte carbone
Émissions directes des ménages9999
Production en France pour la demande française180180
Production en France exportée125—
Importations pour la demande française—284
Total404563

Fiche élève

  1. Que mesure chacune des deux barres ? Quels postes ont-elles en commun, et quel poste est propre à chacune ?
  2. Calculez la part des importations dans l’empreinte carbone.
  3. Calculez l’écart entre les deux totaux. Est-il égal aux émissions importées ? Expliquez avec les postes de la figure.
  4. Un pays taxe un bien très émetteur, qu’il soit fabriqué sur son sol ou importé, et sa consommation baisse. Expliquez comment cette taxe peut réduire des émissions qui ont lieu à l’étranger. Lequel des deux totaux enregistre cette baisse ?
  5. Ces deux totaux permettent-ils de conclure qu’une réglementation française a déplacé des productions à l’étranger ? Quelles informations faudrait-il pour le savoir ?
Corrigé pour l'enseignant
  1. La première barre compte les émissions des unités qui résident en France, quelle que soit la destination de ce qu’elles produisent ; la seconde compte les émissions liées à ce que la France consomme, quel que soit le lieu de production. Elles ont en commun les émissions directes des ménages (99 Mt) et celles de la production en France destinée à la demande française (180 Mt), soit 279 Mt. La première y ajoute la production exportée (125 Mt), la seconde les importations (284 Mt).
  2. 284 ÷ 563, soit 50 % : la moitié de l’empreinte.
  3. 563 − 404 = 159 Mt, et non 284. Pour passer d’un total à l’autre, on ajoute les importations et on retire les exportations : 284 − 125 = 159. L’écart mesure donc un solde, ce que la France importe d’émissions de plus qu’elle n’en exporte.
  4. Si la consommation du bien baisse, sa production baisse aussi, y compris chez le producteur étranger : des émissions diminuent hors du pays qui taxe. L’empreinte enregistre cette baisse, puisqu’elle suit la consommation ; les émissions des unités résidentes ne l’enregistrent que pour la part fabriquée sur le sol national. C’est un mécanisme possible, non un résultat mesuré ici : son ampleur dépend de la réaction des consommateurs et des producteurs. Le périmètre juridique d’un instrument, national, et la portée de ses effets sont deux questions distinctes : c’est le lien avec les échelles de l’action publique.
  5. Non. La figure compare deux conventions à une même date. Elle ne dit ni pourquoi un bien est produit ici ou ailleurs, ni ce qui se serait passé sans la réglementation. Il faudrait suivre la production et les échanges d’un secteur avant et après la règle, et les comparer à un secteur ou à un pays qui n’y est pas soumis. Sur la durée, la même source indique que depuis 1990 les émissions des unités résidentes ont baissé de 31 % et l’empreinte de 20 % ; les émissions importées sont presque stables (279 Mt puis 284 Mt, soit +2 %). Ces évolutions ne suffisent pas non plus à établir un déplacement : la consommation, les techniques et la composition des échanges ont changé en même temps.

Données : empreinte_carbone.csv, une ligne par année depuis 1990.

Méthode et sources

La figure reprend la figure 1 du fichier de données de l’Insee Première n° 2077, octobre 2025 (« Émissions de gaz à effet de serre et empreinte carbone de la France en 2024 »), coproduite par l’INSEE et le service statistique du ministère chargé de l’environnement (SDES). Champ : France ; dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote et gaz fluorés. Les émissions des unités résidentes suivent le format des comptes d’émissions dans l’air et comprennent le transport international des résidents ; par habitant, elles sont de 5,9 tonnes en 2024, et l’empreinte de 8,2 tonnes. L’année 2024 est provisoire, les années 1990 à 2009 sont rétropolées, et chaque édition révise les précédentes : tous les chiffres de cette page viennent de la même édition. La part des importations, l’écart entre les totaux et les évolutions sont un calcul de cette page. Fichier téléchargé le 2 octobre 2026. Les extraits du programme viennent de l’annexe « Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale » publiée par Éduscol.

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